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Karine Belliard est chargée de cours en techniques d’éducation à l’enfance. En 2024, Karine et trois de ses collègues du cégep de Matane, Erykah Massé Lavoie (conseillère pédagogique), Martine Lacasse (enseignante à temps plein) et Pamela Paquin (chargée de cours), ont fait appel au service de soutien et d’accompagnement du Pôle d’expertise interordres en formation à distance pour le développement d’un projet de laboratoire virtuel d’observation, d’exploration et d’expérimentation en éducation à l’enfance. Ce programme de formation continue est offert entièrement à distance au cégep de Matane. Le Pôle d’expertise s’est intéressé à leur expérience.1
Pouvez-vous me parler de ce qui vous a amenée à vous intéresser à la vidéo à 360 degrés pour la formation à distance (FAD) en éducation à l’enfance?
Dans le contexte de l’apprentissage à distance en éducation à l’enfance, certains volets se rapportant aux savoir-faire et aux savoir-être des apprenantes et apprenants sont plus difficiles à mettre en exercice et à évaluer. Les outils de réalité augmentée nous intéressaient beaucoup, mon équipe et moi, pour répondre à cet enjeu. En 2023, une présentation au sujet des applications de réalité augmentée et virtuelle m’a donné l’idée de développer un laboratoire virtuel d’observation pour notre programme. Éventuellement, j’ai réussi à créer un groupe de collègues animées par un objectif commun, avec l’appui de notre gestionnaire. J’ai ensuite reçu l’annonce de l’ouverture des inscriptions au Camp FAD, un événement qui permet de se plonger pendant trois jours dans un projet en FAD et de le développer avec l’accompagnement de personnes expertes. Toute mon équipe était d’avis que ce serait un bon levier pour commencer à s’organiser.
Quels étaient vos objectifs et vos orientations à ce moment-là?
Avant le début du Camp FAD, nous avions déjà établi des fondements pour notre projet, de sorte à pouvoir fournir des orientations claires aux personnes qui allaient nous soutenir tout au long du processus. Nous voulions avoir accès à un outil qui nous permettrait de développer et d’évaluer les savoir-être et les savoir-faire des apprenantes et apprenants. Notre objectif était de simuler des interventions en milieu de garde avec des familles, avec des enfants, en évitant qu’il y ait des répercussions sur de vraies personnes. L’interface devait être conviviale, invitante, pour permettre d’y naviguer de façon instinctive à distance. Il fallait aussi que l’environnement virtuel soit représentatif d’un véritable milieu de garde. L’idée était d’en arriver à créer une salle ronde virtuelle avec des portes qu’on puisse ouvrir, pour accéder à d’autres salles, dans lesquelles on vivrait des situations différentes. Nous souhaitions aussi éventuellement pouvoir partager l’outil avec les autres cégeps, sachant à quel point il pourrait être utile pour favoriser les apprentissages.
Comment le processus d’accompagnement s’est-il déroulé?
Après le Camp FAD, une dyade de conseillères et de conseillers pédagogiques a été désignée pour nous accompagner. L’une des toutes premières étapes consistait à choisir l’outil avec lequel nous allions travailler. À aucun moment, nous n’avons été poussés vers un outil ou un autre; on nous a simplement présenté les possibilités. Nous avons eu accès à des suivis d’avancement, à la fois programmés et ponctuels, au gré de nos besoins. La dyade de conseillères et de conseillers pédagogiques s’est montrée très proactive, disponible et flexible. Nous n’avons jamais ressenti de pression de leur part. L’accompagnement nous a permis d’avancer à notre rythme, en fonction de nos contraintes de temps et de nos défis techniques.
Où en êtes-vous dans le développement de votre projet et quels sont les enjeux pédagogiques et techniques auxquels vous avez dû faire face jusqu’ici?
Au départ, il était difficile de comprendre quel outil serait le plus utile et d’apprendre à nous en servir. Avec l’aide des conseillères et conseillers pédagogiques du Pôle d’expertise, nous avons rapidement enrichi nos connaissances, ce qui nous a permis de faire des choix éclairés. Puisque nous souhaitions diffuser notre projet auprès d’autres établissements collégiaux, il nous a été conseillé d’adopter Uptale, une plateforme de plus en plus utilisée dans les cégeps.
À ce jour, nous travaillons à développer l’environnement virtuel. Chacune d’entre nous fait une partie du travail : nous visitons les centres de la petite enfance (CPE) partenaires pour les prises de vue à 360 degrés, puis nous transmettons les extraits vidéo à une personne du cégep de Matane qui se charge de les intégrer sur la plateforme. La version actuelle de l’outil est disponible pour l’enseignement, même s’il n’est pas encore possible d’interagir avec les objets virtuels. C’est l’approche que nous avons choisie, pour pouvoir améliorer l’outil progressivement, en fonction des rétroactions de nos collègues. Nous souhaitons leur donner envie de l’utiliser, petit à petit.
Quel est votre plus grand défi dans la réalisation du projet?
Nous avons chacune de nombreux projets, ce qui nous empêche de nous concentrer exclusivement sur l’acquisition des compétences techniques pour la réalisation du projet de laboratoire virtuel. Il faut constamment s’y replonger, en dehors de nos heures de travail. Nous n’avons pas les ressources humaines et le temps nécessaires pour nous concentrer exclusivement là-dessus. Il faut donc accepter que le processus soit plus lent. Ce qui aide, c’est que la motivation commune d’atteindre notre cible est très présente. Nous avons bon espoir qu’en 2026, nous serons capables d’y travailler de façon plus régulière.
Quels apprentissages avez-vous tirés de l’accompagnement par le Pôle d’expertise?
L’accompagnement nous a permis d’améliorer nos pratiques et d’acquérir des compétences pour utiliser des outils technologiques. Ça nous a permis de sauver énormément de temps de recherche et d’expérimentation, en plus d’éviter des dépenses inutiles. Nous avons misé sur un seul outil dès le départ et nous nous le sommes procuré, sachant que ce serait le plus utile pour répondre à nos besoins. Nous étions accompagnées par une dyade de conseillères et de conseillers pédagogiques vraiment compétents. Quand nous avions des doutes sur la faisabilité du projet, l’équipe du Pôle d’expertise pouvait nous rassurer et nous conseiller. Pour ma part, j’essaie de me rappeler à quel point c’est important de se renseigner sur les ressources disponibles, de ne pas hésiter à aller cogner aux portes pour faire avancer un projet qui nous tient à cœur, quitte à se faire dire non. Je pense qu’oser demander de l’aide, c’est la base.
1Les propos de la personne interviewée ont été édités pour des raisons de clarté et de concision, sans en altérer le sens ni le contenu.
Dernière mise à jour : 8 janvier 2026